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Article du 05.05.2005
Esthétique ou nouvelle pathologie dentaire
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L’esthétique est décidément un thème d’actualité. Nous vous
proposons un compte rendu des récentes manifestations consacrées à ce sujet. L’«Esthetic
symposium» de Lausanne en 2002, le congrès SDS 2004 et le deuxième «Swiss esthetic
symposium» de Montreux 2004 qui ont accueilli des conférenciers de renommée internationale comme
le Dr G CHICHE, le Dr GARBER et bien d’autres dont nous ne préjugeons ni leur qualité, ni leur
renommée.
Pour beaucoup, l’esthétique en Médecine dentaire est un concept
flou de beauté artistique où l’on cherche à faire plaisir a nos sens tout en s’approchant de
notre concept de l’idéal. C’est de l’hémisphère gauche du cerveaux que dépend tout ce qui est non
rationnel et sentimental, alors que nous, travaillons de manière rationnelle avec des règles et
des protocoles sous contrôle de l’hémisphère droit. Voilà pourquoi l’esthétique dentaire à été
longtemps considérée comme un don artistique ou... un coup de chance. Il n’en n’est rien, tout est
une question d'équilibre... entre nos deux hémisphères.
Quand on regarde un visage, on voit en premier les éléments les
plus lumineux: le blanc des yeux et des dents. Ceci a été confirmé par un sondage auprès du
public qui a permis d’établir l’ordre d’importance décroissant des éléments du visage: |
| Dents |
76% |
| Sourire |
75% |
| Lèvres |
75% |
| Yeux |
63% |
| Nez |
58% |
Nous pouvons donc agir considérablement sur l’image et l’idéal de beauté de nos patients.
L’esthétique transforme nos patients en clients car elle est avant tout un bien de consommation.
Chaque individu fixe ses exigences et ses désirs en fonction de sa culture ou de la mode.
Toujours plus long, plus aligné, plus claire et plus jeune. Cette évolution actuelle contredit
les efforts de plusieurs générations de Médecins dentistes qui ont tout mis en oeuvre pour que
leurs travaux se rapprochent du «naturel». Mais, nos patients veulent-ils vraiment du naturel
alors qu’ils dépensent tant d’énergie et de moyens à changer leur aspect par la coloration de
leurs cheveux, l’épilation des sourcils,le maquillage des yeux, le fond de teint, le rouge à
lèvre, etc...
Pourquoi leurs dents ou plus précisément leur sourire échapperaient-t-ils à ce phénomène de
mondialisation de l’esthétique ?
La demande esthétique est devenue une nouvelle pathologie psycho-dentaire. Cette forme
d'extrémisme pousse parfois le praticien à sacrifier certains principes de médecine dentaire
conservatrice pour respecter le désir du patient-client. |
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Anatomie d’un sourire
La beauté d’un sourire résulte de la combinaison de plusieurs
éléments:les lèvres, la gencive et les dents. Nous avons la possibilité d’agir sur ces deux
derniers. Mais un manque d’harmonie d’un de ces éléments par rapport aux autres peut compromettre
le résultat esthétique de l’ensemble.
1. La ligne du sourire
La ligne du sourire est formé par la ligne des bords incisifs.
Elle peut être convexe, plate ou concave. Un sourire plaisant/harmonieux a une ligne convexe
parallèle à la courbe de la lèvre inférieure.

Une ligne du sourire plate est plus difficile à gérer et, dans ce
cas de figure, il est judicieux de tester d’éventuelles modifications à l’aide de composites afin
que le patient puisse visualiser ces modifications. |
| Lors d’un allongement dentaire,il faut toujours
vérifier la protrusion et les rapports avec la lèvre inférieure. (Phonétique du V & F) |
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2. Le contour gingival
La hauteur d’un contour gingival harmonieux est parallèle à la lèvre
supérieure. Une absence de parallélisme induit une dysharmonie inesthétique.

La ligne gingivale des deux centrales est parallèle au plan
bipupillaire |
3. La symétrie
| La seule symétrie du sourire est constituée par la
ligne médiane du visage. Les autres paramètres, comme dans la nature, dépendent d’un équilibre.
Les centrales ont la priorité dans le sourire, elles sont
symétriques et déterminent les proportions des autres dents visibles lors d’un sourire. |
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4. Le profil incisif
Un profil incisif plaisant se détermine phonétiquement. Le bord
incisif des centrales doit toucher le bord humide de la lèvre inférieure lors de la phonation du V ou
du F. Si les centrales touchent la partie sèche de la lèvre, nous sommes en présence d’un surcontour
qu’il ne faut à aucun prix aggraver. Attention si la ligne du sourire est plate, il est judicieux de
faire un montage d’essai.
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L’angle idéal entre le 1/3 incisif et le plan
occlusal se situe entre 90° & 95°. En dessous de 90° nous avons déjà un surcontour alors que
au dessus de 95° nous sommes en présence d’un sous contour exploitable. |
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5. La longueur des incisives centrales
La longueur d’une incisive centrale est déterminée par le découvrement
de la lèvre supérieure au repos. Pour une jeune femme, le découvrement idéal est compris entre 2,5 et
3,5 mm. Un homme découvre moins ses incisives centrales.
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Une longueur plaisante pour une centrale est de 11 mm avec 3mm de
découvrement. Elle ne devrait jamais être inférieure à 10 mm
Une lèvre supérieure très mobile permet d’avoir un découvrement
au reps inférieur à 2,5 mm. Inversement, une lèvre peu mobile permet un découvrement au repos
de 4 à 4,5 mm. |
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En cas d’allongement avec des facettes il faut pouvoir faire, un
léger surcontour, créer un surplomb, maintenir le guidage canin et la protrusion. |
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6. Proportions de l’incisive équilibrée
Dans un sourire, l’incisive centrale a toujours priorité. Une
incisive centrale équilibrée a une largeur qui correspond à 75% - 80% de sa longueur.

On peut également appliquer «la règle d’or»: Hauteur x 1/1,6 =
largeur
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11 x 0.63 = 6,93mm. Le rapport 1/1,9 donne une dent
discrète et 1/1,3 donne une dent puissante. |
En présence de diastèmes, il faut toujours enlever en distal ce que
l’on ajoute en mésial pour préserver les proportions. Bien entendu il faut inclure les incisives
latérales dans le processus de correction. Les proportions dentaires doivent respecter l’occlusion
(overjet & overbite) et la phonétique. |
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7. Proportions interincisives
Une incisive latérale doit rester délicate, on évitera des formes
carrées. En absence de papille interdentaire, on est obligé de faire une émergence large à l’incisive
latérale et c’est par des effets lumineux sur les lignes de transition que l’on peut réduire cette
dent optiquement.

On a la même progression pour la canine: la partie visible de la
canine (1/3 mésial) correspond à 63% de la largeur de l’incisive latérale.
On peut aussi utiliser la règle d’or: 1/1.6 pour les proportions
interdentaires.

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8. L’inclinaison axiale
Une inclinaison axiale harmonieuse, suit les lignes du visage de
préférence en «V».
| L’effet du «V» donne dynamique et jeunesse. La
chirurgie esthétique tend réhabiliter le «V» que le vieillissement transforme en accent
circonflexe. |
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Un sourire peut être plein, jeune, naturel et plus ou moins lumineux
mais, pour être esthétique, il doit être en harmonie avec les lèvres et les autres éléments du visage.
Attention à ce qui se trouve à droite, cela a toujours plus d’importance pour celui qui regarde.
Un sourire jeune laisse apparaître des dents longues et les incisives centrales dominent. Il est
convexe, brillant et lumineux. Un sourire naturel montre des incisives centrales symétriques, des
incisives latérales asymétriques et des canines avec un niveau décalé. La symétrie absolue n’est pas
nécessaire, il est important de trouver un équilibre pour balancer ces différents éléments. |
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